PIGEONS ET PORCS     par Gaiine garantis
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qu’elle était fausse et d’ailleurs mal conçue et chercha à le prouver affirmant que « repubblica » ne prenait qu’un b, ce qui est faux (je le vérifiai par la suite), et que ses cheveux n’étaient pas bruns mais châtains, qu’il y avait des erreurs sur sa taille et que la couleur de ses yeux n’était pas celle inscrite… La photo vieille de trois ans lui fit venir les larmes aux yeux. Il dit qu’elle était belle. Il avait quarante ans passés. En trois ans, il avait dû en prendre dix. Puis, face à la photo d’un vieux pape, il se signa et dit qu’il n’aimait pas le nouveau, il réfléchit et affirma que sa préférence allait à l’antépénultième. Ses yeux se tournèrent vers le ciel. Parmi les papiers qu’il me montrait, ceux des services sociaux et des médecins l’amenèrent à repenser que les gens avaient peur de lui. Le dentiste, le médecin avaient peur. Je dis que je n’avais pas peur. Je n’avais pas peur. Je méprisais les passants. La discussion s’étaya vers ses souvenirs. Il avait travaillé comme mécanicien et avait entretenu une femme qui l’avait rejeté par la suite ; il voulait aller lui reprendre sa fille. « Toutes les femmes sont des putes » dit-il, sa mère et toutes les autres ; leur seule pensée est : cazzo. Je questionnai : « même ta mère  ? » « Ma mère est une pute ». Je compris qu’il voulait soutenir son propos en relatant que sa petite amie x ou y l’avait réveillé par une fellation, pourtant je lui dis que c’était chouette. Il l’avait rejetée « va fa anculo ». Il répéta ses insultes et cracha. Les femmes ne le désiraient plus selon ses dires parce qu’il était laid. Il m’avait énoncé les noms de ses maîtresses en les comptant sur ses doigts. Il me parla d’une étudiante à qui il parlait de temps en temps et qui habitait à deux pas. Je m’étonnai car il ne parlait pas français ni elle italien. Il répéta encore que toutes les femmes étaient des putes. Il avait un plan pour récupérer sa fille de quatre ans dit-il. Je lui demandai pourquoi il était recherché en Italie. Ses amis aimaient la frime et l’argent, vêtements de marques, voitures, armes à feu, trafic de drogue… etc. « Mafia ». Plusieurs d’entre eux avaient été tués… Par la police, certains. C’était pour cela qu’on lui avait demandé de rencontrer le président de l’assemblée européenne (il allait acheter des vêtements distingués), il devait faire des révélations. Lui était, au contraire d’eux, « bon et travailleur ».  Les passants nous regardaient avec incompréhension et crainte, et je sentais à nouveau le contraste entre eux et nous. Nous partîmes vers les toilettes publiques.

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